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91,260 € -0,23 %   21/10/2021 17:35

Entretien avec le président-directeur général

 
« 2020 A CONFIRMÉ LA FORTE CAPACITÉ DE RÉSILIENCE DE VINCI. GRÂCE À NOS FONDAMENTAUX SOLIDES ET À L’ENGAGEMENT DE NOS ÉQUIPES, NOUS AVONS SU FAIRE FACE À CETTE CRISE INÉDITE ET NOUS METTRONS LA MÊME ÉNERGIE À RETROUVER LA VOIE DE LA CROISSANCE. »

Quel a été l’impact de la pandémie de la Covid-19 sur les activités de VINCI en 2020 ?
Comme la plupart des entreprises, VINCI a été durement affecté par cette crise, à des degrés divers, toutefois, selon ses métiers et ses géographies. Nos activités de concessions ont été les plus touchées, car elles ont été directement impactées par les restrictions de déplacement instaurées par les autorités, ce qui a entraîné une très forte chute du trafic sur nos aéroports, et dans une moindre mesure sur nos autoroutes. Il faut noter, cependant, la bonne tenue du trafic des poids lourds tout au long de l’année sur nos autoroutes françaises, ce qui confirme le rôle essentiel du transport routier dans le fonctionnement de nos économies.
L’impact a été beaucoup moins prononcé dans le contracting. Il a été plus marqué en France, où les décisions publiques lors du premier confinement ont provoqué l’arrêt de la quasi-totalité des chantiers pendant près de deux mois. Au global, nos activités de contracting, grâce à notre présence croissante à l’international, ont très correctement résisté, et même progressé dans certains pays.
Il faut souligner l’efficacité avec laquelle, grâce à nos organisations très décentralisées, nos entreprises se sont adaptées à la crise, dans tous nos métiers. La notion de mobilisation, qui fait partie du langage courant de nos chantiers, a pris là tout son sens. Que ce soit pour protéger nos collaborateurs, pour transformer nos méthodes de travail en intégrant les nouvelles règles de sécurité sanitaire, ou pour assurer la continuité de nos missions de service public sur nos concessions, nos équipes ont su partout se montrer réactives, inventives, engagées. Elles se sont mobilisées non seulement dans l’exercice de leurs métiers, en réalisant par exemple des travaux d’urgence pour les hôpitaux, mais aussi par de multiples initiatives de solidarité, avec l’appui de notre réseau de fondations d’entreprise en France et à l’international.

Sur les plans économique et financier, quel bilan faites-vous de l’année ?
Je retiens d’abord que 2020 a confirmé, dans des circonstances exceptionnelles, la forte capacité de résilience de VINCI. Notre modèle, que nous approfondissons depuis des années en élargissant le spectre de nos métiers et en le déployant sur un nombre croissant de pays, a montré sa solidité dans cette période de grandes turbulences, comme il montre sa capacité à générer une croissance robuste quand l’économie est porteuse.
Dans les ingrédients de notre résilience, notre mode de management et nos fondamentaux de gestion sont tout aussi importants. Les dirigeants des entreprises de VINCI savent effectuer les gestes nécessaires face aux mutations de leur environnement, par exemple en réduisant rapidement leurs dépenses opérationnelles dès les premiers signes de baisse d’activité ou en réexaminant leurs programmes d’investissement. De même, notre politique financière, dont on nous a parfois reproché la prudence, a montré toute sa pertinence : malgré la crise, nous avons significativement amélioré notre besoin en fonds de roulement et notre trésorerie, et réduit notre endettement net. À cet égard, il est révélateur que les agences Standard & Poor’s et Moody’s aient confirmé, en plein cœur de la crise, nos notations de crédit long terme. C’est clairement un signe de confiance dans la solidité de notre modèle économique et le sérieux de notre gestion financière.
Au final, à l’échelle du Groupe, cette résilience nous a permis, en dépit d’une crise historique, de dégager un résultat net de 1,2 milliard d’euros, certes en net retrait par rapport à l’exercice précédent, et un cash-flow libre très élevé, proche de celui de 2019.

La crise n’a-t-elle pas modifié l’équilibre entre concessions et contracting ?
Elle a souligné, au contraire, la cohérence de notre stratégie de développement, qui a toujours été équilibrée entre nos deux grands domaines d’activité. Depuis une quinzaine d’années, en même temps que nous investissions de manière volontariste dans les concessions autoroutières et aéroportuaires, nous avons quadruplé l’activité de VINCI Energies, tout en densifiant les réseaux internationaux de VINCI Construction et d’Eurovia. Notre stratégie de développement, comme nos métiers et nos réalisations, est inscrite dans le temps long. Nous allons donc la poursuivre, dans une optique de création de valeur à long terme, en saisissant les opportunités qui se présenteront à nous et qui correspondront à nos objectifs. Autant nous sommes agiles au quotidien dans le pilotage de nos affaires, autant nous sommes constants dans notre cap stratégique !

À propos de long terme, comment abordez-vous la transition écologique, qui concerne au premier chef les métiers et les activités de VINCI ?
Là encore, nous conjuguons une vision de temps long et une mobilisation forte pour agir dans le présent. 2020 a été l’année de déploiement de notre nouvelle ambition environnementale à l’horizon 2030. Nous avons publié en début d’année des engagements ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique, d’économie circulaire et de protection des milieux naturels – dont celui de réduire de 40 % les émissions directement liées à nos activités. La crise sanitaire, en ravivant la conscience des risques qui pèsent sur la planète en même temps que sur la santé humaine, nous a confortés dans notre détermination à accélérer notre transformation environnementale.
Nous sommes convaincus que nos métiers ont une responsabilité majeure mais surtout un rôle moteur dans la transition écologique du cadre bâti, des infrastructures et de la mobilité. C’est pourquoi la dynamique que nous avons enclenchée porte tout autant sur la réduction de nos impacts directs que sur la création de valeur environnementale dans les projets que nous réalisons pour nos clients, ou dans les services que nous proposons aux usagers et partenaires de nos infrastructures. De nombreuses actions en cours reflètent cette approche, telles que la requalification environnementale de nos usines d’enrobés routiers, le déploiement de centrales photovoltaïques sur nos aéroports, le programme Autoroute Bas Carbone développé avec nos partenaires des territoires en France, ou la gamme de bétons bas carbone Exegy lancée par nos constructeurs. Et pour inciter nos équipes à s’approprier cette dynamique en la nourrissant de leurs propres initiatives dans le quotidien de nos métiers, nous avons lancé en 2020 la Journée de l’Environnement et le Prix de l’Environnement, qui associent à l’ambition environnementale du Groupe l’ensemble de nos collaborateurs dans le monde.
Nous sommes convaincus, aussi, que la transition écologique ne se fera pas sans porter une attention accrue aux questions sociales et sociétales, surtout dans une période où le lien social est mis à rude épreuve. C’est pourquoi nous devons être plus que jamais engagés sur ce terrain, en agissant en entreprise humaniste et inclusive. La mobilisation solidaire de ces derniers mois nous montre la voie sur laquelle nous devons poursuivre et amplifier nos actions.

En conclusion, dans quel état d’esprit abordez-vous l’année qui s’ouvre ?
Même si l’évolution de la situation sanitaire et de notre environnement économique est encore incertaine, le déploiement des campagnes de vaccination nous envoie tout de même un signal positif en ce début d’année 2021. Quoi qu’il en soit, nous sommes confiants et, surtout, déterminés.
Grâce à nos fondamentaux solides et à l’engagement de nos équipes, nous saurons faire face à cette crise inédite et nous mettrons la même énergie à retrouver la voie de la croissance. Je le répète : chez VINCI, nous sommes des gens de temps long. Nous affirmons depuis toujours que la performance de nos entreprises sera d’autant plus pérenne que nous la mobiliserons au service d’un monde plus durable. C’est ce que nous faisons, sans nous laisser détourner de notre route par les turbulences – même celles, de nature exceptionnelle, provoquées par la crise sanitaire actuelle – mais en fixant notre regard sur les opportunités dont l’avenir est porteur – et elles n’ont jamais été aussi grandes et passionnantes pour un groupe comme VINCI !

Xavier Huillard,
président-directeur général de VINCI

Mise à jour : 18/05/2021